Intoxication féline : diagnostic et traitement

C’est le cauchemar de tout propriétaire de chat : sa patte de velours a été empoisonnée. Si vous avez correctement interprété les symptômes tels que les vomissements, les tremblements ou un comportement léthargique, le plus important est maintenant de se faire soigner rapidement et correctement chez le vétérinaire. Souvent, on ne sait pas exactement ce qui a empoisonné l’animal. Toutefois, si vous soupçonnez qu’une plante, un liquide inconnu ou un médicament traîne à découvert, emmenez-le chez le vétérinaire. Il en va de même pour les vomissements ou autres excrétions corporelles. Il peut aider le vétérinaire à établir un diagnostic. Faites attention aux changements de comportement ou aux symptômes physiques que l’empoisonnement chez les chats peut provoquer et décrivez-les à votre vétérinaire.

Traitement rapide chez le vétérinaire

Le traitement de votre patte de velours peut varier selon l’empoisonnement. Le vétérinaire peut d’abord essayer d’éliminer le poison du corps du chat le plus rapidement possible. Il existe des médicaments spéciaux pour cela, qui provoquent des vomissements. Une autre possibilité est un lavage gastrique. Si votre chat domestique a absorbé le poison par la peau, un lavage complet de son pelage sera utile. Pour certaines toxines, le médecin peut également injecter un antidote.

La santé de votre chat dépend de nombreux facteurs. De nombreux propriétaires de chats veulent faire quelque chose rapidement et essaient de faire vomir leur chat eux-mêmes. Ne faites pas cela sans instructions explicites du service d’urgence ! Cela est particulièrement vrai si vous ne savez pas par quoi votre chat a été empoisonné. Les substances corrosives telles que les acides et les alcalis corroderaient probablement l’œsophage et la bouche de l’animal au retour. Par conséquent, n’agissez toujours que sur les instructions explicites de votre vétérinaire.

Causes des intoxications chez le chat

De nombreuses substances sont dangereuses pour le chat, dès lors qu’il les ingère. Les causes d’intoxication sont donc multiples. Il peut s’agir de produits chimiques, comme les nettoyants ménagers ou les lessives, les herbicides, des hydrocarbures. Les médicaments humains sont dangereux pour nos amis félins, en particulier le paracétamol qui est mortel.

Les huiles essentielles, quant à elles, sont considérées à tort comme inoffensives, alors qu’en fonction de la quantité et du type d’huile essentielle, elles peuvent être toxiques pour le chat. D’autres causes d’intoxication comprennent certaines plantes domestiques, le chocolat, l’alcool et évidemment, les raticides et les insecticides.

Symptômes d’intoxication

Les symptômes d’empoisonnement les plus fréquents sont des troubles neurologiques et de la coordination motrice. Le chat peut être prostré ou agité. Il peut encore y avoir hypersalivation, vomissements ou diarrhée. Des difficultés respiratoires, de la toux, des pupilles dilatées complètent parfois le tableau clinique.

Que faire si votre chat s’est intoxiqué ?

Reconnaître l’intoxication

Il est important que les propriétaires de chats sachent reconnaître les signes d’une intoxication. Plus on intervient tôt, meilleures sont les chances que le chat réchappe de son empoisonnement. Si possible, il faut identifier la source de l’intoxication. On veillera à placer le chat au chaud et à l’aise, dans un local bien ventilé et on surveillera l’évolution de son état.

Comment prévenir les intoxications du chat ?

 Mieux vaut prévenir que guérir : ce dicton s’applique parfaitement aux intoxications, surtout pour les chats qui ne sortent pas et dont on peut contrôler l’environnement. La visite annuelle de contrôle vétérinaire constitue un moment privilégié durant lequel se renseigner sur les produits à stocker hors de portée du chat. Les félins domestiques vivant exclusivement en appartement ou maison courent plus de risques d’intoxication par les plantes, dans la mesure où ils ne peuvent choisir librement les végétaux qu’ils souhaitent consommer.

Les intoxications les plus fréquentes chez le chat

Les polluants

Ils sont responsables d’environ une intoxication sur trois chez les chats. Ceci s’explique aussi par le fait qu’il s’agit d’une grande famille qui regroupe aussi bien les hydrocarbures tels que le White-Spirit, le fioul, le mazout, les huiles essentielles mais aussi les lessives, les fongicides et herbicides…

Certaines intoxications sont dites volontaires, il s’agit de personnes qui ne connaissent pas la toxicité d’un produit et en applique sur leur chat. On observe cela principalement pour le White-Spirit que les propriétaires utilisent pour nettoyer un chat enduit de peinture fraîche ! Ou encore, pour les huiles essentielles utilisées en tant que répulsif contre les insectes.

Les principaux symptômes observés en fonction du toxique, de sa voie de pénétration (cutanée, oculaire, digestive ou pulmonaire) et de la quantité d’administration sont une hypersalivation, des vomissements, des troubles neurologiques (prostration, ataxie), de l’anorexie et parfois de la diarrhée.

Il est important de réagir vite afin de pouvoir mettre en place un traitement adapté, s’il existe. Dans tous les cas, il faut stabiliser l’animal en fonction des symptômes qu’il présente. Dans certains cas, le vétérinaire pourra le faire vomir. Puis traiter de manière symptomatique.

Le pronostic, allant de bon à réservé,  sera établi en fonction du délai de réaction des propriétaires, des symptômes, de la récupération de l’animal (persistance d’une anorexie).

Les plantes

À l’extérieur, l’intoxication par les plantes la plus fréquente chez les chats (les chiens y sont moins sensibles) est due aux lys. Toute la partie de la plante est concernée et les symptômes apparaissent rapidement (de quelques minutes à quelques heures). Le chat présente alors des vomissements, une anorexie, une dépression, puis des troubles urinaires et neurologiques.

À l’intérieur, les plantes de la famille des Dracaena (ou dragonniers) et les ficus sont les plus incriminées. Les principaux symptômes sont d’ordre digestif. Dans la plupart des cas, la gravité est modérée.

Les pesticides et raticides

On recense essentiellement des cas d’intoxications au chloralose qui est, aujourd’hui, utilisé en tant que taupicide et raticide et à la perméthrine utilisée comme insecticide mais aussi dans certains médicaments vétérinaires pour chiens. Dans ce derniers cas, il arrive fréquemment que les propriétaires fassent une erreur et applique le  produit sur le chat ou que le chat lèche un chien venant d’être traité avec un produit à base de perméthrine.

Les principaux symptômes sont neurologiques, des tremblements au coma ! Mais aussi digestifs : hypersalivation, vomissements. Le pronostic est favorable si l’animal est pris en charge rapidement.

Les raticides anticoagulants sont aussi fréquemment utilisés et ingérés par nos compagnons. Couramment appelé « mort aux rats », ces produits provoquent des hémorragies dans tous l’organisme. Le pronostic est favorable si vous réagissez tôt mais devient rapidement réservé.

Autres intoxications

On ne peut pas parler des intoxications chez nos animaux sans parler du chocolat ! Plus il est noir et contient de la théobromine, plus il est toxique. Tout d’abord, le chat présentera des signes digestifs puis nerveux.

De plus en plus nombreux et pour finir sur une petite anecdote : les intoxications dues au produit phosphorescent contenu dans les objets distribués dans les soirées dansantes et autres fêtes foraines. Leurs conséquences sont bénignes mais le chat qui joue avec ces objets et en les mâchant avale du produit peut présenter des troubles tels que hypersalivation, vomissements, agitation…  Il est alors important de rincer la bouche de l’animal et de le nettoyer s’il y a eu contact avec la peau.

En conclusion, les toxiques dangereux pour les chats sont très nombreux. Pour certains, le pronostic est très défavorable. Il faut donc rester vigilant et garder à l’esprit les principaux symptômes qui peuvent être observés (hypersalivation, troubles digestifs, troubles neurologiques) afin de réagir très rapidement en cas de doute.