# Peut-on adopter un capybara en France légalement ?
Le capybara, ce géant paisible originaire d’Amérique du Sud, fascine de plus en plus de Français. Sur les réseaux sociaux, ses vidéos attendrissantes accumulent des millions de vues, suscitant un engouement croissant pour ce mammifère semi-aquatique. Pourtant, derrière l’apparente douceur de cet animal se cache une réalité juridique complexe et strictement encadrée. La détention d’un Hydrochoerus hydrochaeris en France n’est pas une démarche anodine : elle implique un arsenal législatif contraignant, des obligations administratives lourdes et des responsabilités importantes en matière de bien-être animal. Contrairement aux idées reçues, vous ne pouvez pas simplement acquérir un capybara comme vous adopteriez un chat ou un lapin. La réglementation française classe ce rongeur géant parmi les nouveaux animaux de compagnie (NAC) soumis à autorisation, avec des exigences qui relèvent davantage de l’élevage professionnel que de la simple possession privée.
Cadre juridique de la détention d’un capybara en france : code rural et réglementation NAC
La détention de capybaras en France s’inscrit dans un cadre juridique précis établi par le Code de l’environnement et plusieurs textes réglementaires spécifiques. Selon les dernières statistiques de la Direction Générale de l’Alimentation, moins de 50 établissements français disposent actuellement d’une autorisation pour détenir des capybaras, ce qui témoigne de la complexité du processus. Le capybara ne figure pas sur la liste des espèces domestiques établie par l’arrêté du 11 août 2006, ce qui le classe automatiquement comme animal non domestique. Cette classification entraîne l’application d’un régime juridique particulièrement strict, visant à protéger tant l’animal que la sécurité publique.
Statut du capybara selon l’arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques
L’arrêté du 8 octobre 2018 constitue le texte de référence pour la détention d’animaux sauvages en France. Ce texte classe les espèces en trois catégories distinctes selon leur dangerosité et leurs besoins spécifiques. Le capybara se trouve dans la catégorie la plus restrictive, nécessitant une autorisation préfectorale préalable. Cette classification n’est pas anodine : elle reconnaît que malgré son caractère apparemment docile, le capybara demeure un animal sauvage dont les besoins physiologiques et comportementaux sont incompatibles avec une détention domestique ordinaire. L’arrêté impose également des normes strictes concernant les installations, la superficie minimale, l’accès à l’eau et les conditions d’hébergement. Vous devez comprendre que cette réglementation vise avant tout à garantir le bien-être animal, mais également à prévenir les risques sanitaires et les abandons.
Classification du hydrochoerus hydrochaeris dans la liste des espèces soumises à autorisation préfectorale
Dans le système de classification français, Hydrochoerus hydrochaeris figure en colonne C de l’annexe 2 de l’arrêté ministériel, ce qui constitue le niveau d’encadrement maximal. Concrètement, cela signifie que même la détention d’un seul individu nécessite une autorisation d’ouverture d’établissement et un certificat de capacité. Cette exigence s’applique dès le premier spécimen, contrairement à d’autres espèces pour lesquelles un nombre
minimum peut être atteint sans formalités supplémentaires. Pour le capybara, ce seuil est fixé à 1 individu : dès que vous détenez un seul spécimen, votre installation est juridiquement assimilée à un établissement d’élevage d’animaux non domestiques. Vous basculez alors dans un régime où la simple passion pour un NAC exotique devient une véritable activité encadrée, avec contrôles possibles de la DDPP et responsabilités comparables à celles d’un parc animalier. Cette classification explique pourquoi, dans les faits, très peu de particuliers parviennent à détenir un capybara en toute légalité.
Distinction entre détention à titre privé et activité d’élevage au regard du code de l’environnement
Le Code de l’environnement opère une distinction importante entre la détention à titre privé et l’activité d’élevage d’animaux non domestiques. À première vue, vous pourriez penser qu’en n’ayant qu’un seul capybara, vous restez dans un cadre strictement « domestique ». Pourtant, dès lors que l’espèce figure en colonne C de l’annexe 2, votre installation est présumée être un établissement d’élevage, quel que soit le nombre d’animaux détenus. Cette qualification emporte des obligations accrues, notamment en termes d’aménagements, de registres et de contrôles sanitaires.
En pratique, la frontière se joue moins sur le nombre de capybaras que sur la finalité de la détention et la conformité des installations. Un particulier qui veut « juste » vivre avec un capybara dans son jardin se heurte à la même réglementation qu’un professionnel qui en présente au public. Le législateur a fait ce choix pour éviter les situations ambiguës où un élevage déguisé ou mal encadré se cacherait derrière une détention dite de loisir. Si vous envisagez ce projet, vous devez donc accepter d’entrer dans une logique d’établissement soumis à inspection et à rapports administratifs.
Obligations déclaratives auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP)
Tout projet de détention de capybaras doit impérativement être déclaré à la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) du département concerné. Cette administration est votre interlocuteur principal pour vérifier la conformité de votre dossier, de vos installations et de vos compétences. Avant même l’acquisition du premier animal, vous devez transmettre un descriptif détaillé de l’espèce, du nombre de spécimens envisagé, de l’origine des animaux et des conditions d’hébergement prévues. Cette déclaration s’effectue généralement par courrier recommandé ou via les formulaires en ligne mis à disposition par certaines préfectures.
La DDPP dispose ensuite d’un pouvoir de contrôle et de sanction : elle peut demander des compléments d’information, organiser une visite sur place, ou refuser votre projet si les conditions ne sont pas jugées satisfaisantes. En cas de détention sans déclaration ou d’informations inexactes, vous vous exposez à des poursuites sur le fondement de l’article L413-2 du Code de l’environnement, qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende. On est donc très loin d’une simple formalité : la relation avec la DDPP est au cœur de la légalité de votre futur « élevage » de capybaras.
Démarches administratives et certificat de capacité pour l’élevage de capybaras
Une fois le cadre juridique posé, la question suivante se pose naturellement : quelles démarches concrètes devez-vous entreprendre pour détenir légalement un capybara en France ? La pierre angulaire de ce dispositif est le certificat de capacité pour l’entretien d’animaux d’espèces non domestiques. Sans ce document, délivré à titre personnel, il est tout simplement impossible d’ouvrir un établissement hébergeant des capybaras, même si vous n’en possédez qu’un seul. L’obtention de ce certificat suppose une expérience solide, une formation adaptée et un dossier argumenté démontrant vos compétences techniques et réglementaires.
Procédure d’obtention du certificat de capacité pour animaux non domestiques selon l’arrêté ministériel
La procédure d’obtention du certificat de capacité est encadrée par le Code de l’environnement et par plusieurs arrêtés ministériels relatifs aux animaux non domestiques. Vous devez adresser un dossier complet à la DDPP de votre département de résidence, en précisant les espèces concernées – ici Hydrochoerus hydrochaeris – et le type d’activités envisagées (présentation au public, reproduction, simple détention, etc.). Ce certificat n’est pas un « permis NAC » générique : il est délivré pour une ou plusieurs espèces données, et parfois même pour un nombre maximum d’individus.
Votre demande est ensuite examinée par une commission départementale ou régionale, qui évalue à la fois votre expérience pratique et vos connaissances théoriques. Des entretiens oraux peuvent être organisés pour vérifier que vous maîtrisez les besoins biologiques du capybara, les risques sanitaires associés et la réglementation en vigueur. Il s’agit un peu de l’équivalent d’un « diplôme officiel » attestant que vous êtes capable d’assumer la responsabilité de ces animaux. Sans ce sésame, même des installations parfaites ne suffiront pas à rendre votre projet légal.
Dossier de demande d’autorisation d’ouverture d’établissement d’élevage : pièces justificatives requises
En parallèle du certificat de capacité, vous devez déposer une demande d’autorisation d’ouverture d’un établissement d’élevage pour animaux d’espèces non domestiques. Ce second volet concerne davantage les infrastructures que la personne. Le dossier doit décrire précisément votre site : plans des enclos et bassins, matériaux utilisés, dispositifs de sécurité, gestion de l’eau, systèmes de chauffage, procédures de nettoyage et de désinfection. On vous demandera également un plan d’évacuation en cas de fuite ou d’incident majeur, ainsi que les mesures prises pour limiter les nuisances pour le voisinage.
Parmi les pièces justificatives classiques, on retrouve une copie du certificat de capacité (ou la preuve de la demande en cours), les justificatifs de propriété ou de mise à disposition du terrain, des photos ou schémas des installations, et parfois une étude d’impact simplifiée. Certaines préfectures exigent aussi une attestation de votre vétérinaire référent, confirmant qu’il est prêt à assurer le suivi sanitaire de vos capybaras. Ce niveau de détail peut paraître disproportionné pour un seul animal, mais il reflète la logique du législateur : traiter tout détenteur de capybaras comme un véritable professionnel.
Formation obligatoire et attestation de connaissances spécifiques aux rongeurs géants sud-américains
Pour appuyer votre demande de certificat de capacité, il est fortement recommandé – et parfois exigé par les commissions – de suivre des formations spécialisées sur les NAC exotiques et, si possible, sur les rongeurs géants sud-américains. Plusieurs organismes agréés proposent des modules théoriques et pratiques couvrant la biologie du capybara, ses besoins en captivité, la gestion sanitaire, la prévention des zoonoses et la réglementation applicable. Ces formations débouchent généralement sur une attestation de connaissances, que vous pouvez joindre à votre dossier pour démontrer votre sérieux.
Pouvez-vous obtenir ce certificat uniquement avec une passion pour les capybaras et quelques lectures en ligne ? Dans la grande majorité des cas, non. La commission attend des preuves concrètes de votre expérience, comme des stages en parcs animaliers, des périodes de bénévolat dans des structures agréées ou une formation académique en biologie animale. On peut comparer ce processus à celui du permis de conduire : lire le code ne suffit pas, il faut aussi des heures de pratique encadrée avant d’être jugé apte à prendre la route, ou ici, à gérer des animaux aussi exigeants que les capybaras.
Délais de traitement préfectoral et recours en cas de refus d’autorisation
Les délais de traitement des demandes varient fortement selon les départements, mais il faut généralement compter plusieurs mois entre le dépôt du dossier et la décision finale. La DDPP doit instruire votre demande, solliciter l’avis de la commission spécialisée, éventuellement organiser une visite sur site, puis le préfet signe ou non l’arrêté d’autorisation. Durant cette période, vous ne pouvez évidemment pas détenir de capybaras : toute acquisition anticipée serait considérée comme une détention illégale.
En cas de refus, une motivation écrite doit vous être communiquée, détaillant les raisons de la décision : insuffisance d’expérience, installations non conformes, risques pour la sécurité, ou incohérences dans le projet. Vous disposez alors de plusieurs voies de recours : recours gracieux auprès du préfet, recours hiérarchique auprès du ministère concerné, ou recours contentieux devant le tribunal administratif. Toutefois, l’expérience montre que ces recours n’aboutissent favorablement que si vous corrigez réellement les points faibles relevés dans le dossier initial. Autrement dit, contester pour contester n’est pas une stratégie gagnante.
Conditions d’hébergement et normes d’élevage pour hydrochoerus hydrochaeris en captivité
Obtenir les autorisations n’est qu’une première étape : encore faut-il offrir au capybara des conditions d’hébergement conformes aux normes de bien-être animal. Cet aspect est central, car le capybara est un mammifère semi-aquatique grégaire, dont la biologie est très éloignée de celle d’un simple cochon d’Inde. Un enclos mal conçu ou un bassin insuffisant peuvent rapidement entraîner du stress, des troubles du comportement ou des pathologies graves. Le règlement français s’inspire d’ailleurs des recommandations des vétérinaires spécialisés et des standards internationaux pour encadrer ces conditions de vie.
Superficie minimale et aménagement du bassin aquatique : exigences réglementaires du bien-être animal
Les textes ne fixent pas toujours une superficie exacte pour chaque espèce, mais les services vétérinaires s’appuient sur des recommandations professionnelles. Pour un couple de capybaras, on considère généralement qu’une surface extérieure d’au moins plusieurs dizaines de mètres carrés, idéalement plus de 100 m², est nécessaire pour permettre une locomotion naturelle. À cela s’ajoute un bassin suffisamment vaste et profond pour nager et plonger, pas seulement patauger. Un simple point d’eau décoratif ne suffit pas : il faut un véritable espace aquatique, avec des zones de profondeur variable et des accès en pente douce.
On peut comparer cet aménagement à celui d’un petit étang plutôt qu’à une piscine pour enfants. L’eau doit être renouvelée et filtrée régulièrement pour limiter les risques d’infections cutanées et parasitaires. Dans certains dossiers, la DDPP peut demander un descriptif précis du système de filtration, de l’évacuation des eaux usées et des mesures prises pour éviter les stagnations. Ne pas respecter ces exigences, c’est condamner vos capybaras à vivre dans un environnement insalubre, à l’opposé de l’image idyllique souvent véhiculée sur les réseaux sociaux.
Paramètres environnementaux : température, hygrométrie et besoins en thermorégulation semi-aquatique
Originaire des zones tropicales et subtropicales d’Amérique du Sud, le capybara est peu adapté au froid humide de nombreux hivers français. En captivité, vous devez donc prévoir des solutions de thermorégulation, notamment un abri fermé, sec, isolé et, si nécessaire, chauffé. La température ne doit pas descendre durablement en dessous d’un certain seuil, sous peine de provoquer des pathologies respiratoires ou articulaires. L’hygrométrie doit également être prise en compte : un air trop sec ou, au contraire, un environnement constamment détrempé peuvent être délétères.
Concrètement, cela implique souvent un système de chauffage d’appoint, un sol drainant dans les zones de repos, et une gestion fine de l’accès au bassin en période froide. Là encore, la DDPP et votre vétérinaire sanitaire pourront vous orienter sur les paramètres admissibles en fonction de votre région. Vous vous en doutez : un projet de capybara dans le nord-est de la France sera beaucoup plus contraignant à gérer qu’en zone littorale douce. C’est un peu comme vouloir cultiver une plante tropicale en extérieur : sans serre et sans précautions, les chances de succès sont minces.
Clôtures de sécurité et dispositifs anti-fugue conformes aux standards vétérinaires
En plus du confort des animaux, les normes d’hébergement visent à garantir la sécurité des personnes et à prévenir les fuites. Un capybara adulte peut peser plus de 50 kg, creuser, pousser et manipuler des éléments de clôture avec une certaine force. Vos installations doivent donc être robustes, suffisamment hautes et enterrées sur une certaine profondeur pour limiter les risques d’évasion. Les matériaux doivent résister à l’humidité, aux chocs répétés et à une exposition prolongée à l’eau.
Les services vétérinaires s’assurent également que le voisinage ne court aucun risque, même si le capybara n’est pas considéré comme particulièrement dangereux pour l’humain. En cas de fuite, l’animal peut provoquer des accidents de la circulation, des dégâts sur les cultures ou des interactions non contrôlées avec la faune sauvage locale. C’est pourquoi des dispositifs anti-fugue (double clôture, sas d’entrée, portails verrouillables) sont souvent préconisés. Vous le voyez, on est très loin d’un simple grillage de jardin destiné à retenir un lapin nain.
Enrichissement du milieu et structure sociale du groupe : respect de l’éthologie naturelle
Le bien-être du capybara ne se résume pas à de la place et de l’eau : il dépend aussi de la qualité de l’environnement social et de l’enrichissement du milieu. Dans la nature, ces rongeurs vivent en groupes, avec des interactions complexes, des comportements de toilettage mutuel, de jeux, de vigilance collective. En captivité, les maintenir seuls augmente fortement les risques de stress, de comportements stéréotypés et de dépression. Les autorités et les vétérinaires recommandent donc de détenir au minimum un couple ou un petit groupe, à condition de disposer de la surface nécessaire.
L’enrichissement du milieu passe par l’ajout de plateformes, de troncs, de zones de fouille, de variations de relief et d’objets manipulables. Vous pouvez, par exemple, disperser la nourriture pour stimuler la recherche alimentaire plutôt que de tout déposer dans une gamelle unique. Ces aménagements sont à considérer comme des besoins fondamentaux, non comme des bonus facultatifs. En négligeant cet aspect, vous prenez le risque de voir apparaître des troubles du comportement pouvant conduire à des blessures ou à un refus de s’alimenter.
Suivi vétérinaire et protocoles sanitaires obligatoires pour les NAC exotiques
Au-delà des aspects structurels, la détention d’un capybara implique un suivi vétérinaire rigoureux et une conformité stricte aux protocoles sanitaires. En tant que détenteur d’animaux non domestiques soumis à autorisation, vous devenez un acteur de la biosécurité : prévention des zoonoses, surveillance des maladies, traçabilité des mouvements d’animaux. Ce volet est souvent sous-estimé par les particuliers, alors qu’il constitue un critère déterminant pour l’obtention et le maintien de votre autorisation préfectorale.
Identification par puce électronique ISO 11784/11785 et registre d’élevage réglementaire
Chaque capybara détenu en France doit être identifié individuellement, le plus souvent par puce électronique conforme aux normes ISO 11784/11785. Ce transpondeur, implanté sous la peau par un vétérinaire, permet de relier l’animal à son détenteur, de vérifier sa provenance et de lutter contre les trafics. L’identification est ensuite enregistrée dans le fichier national I-Fap pour les animaux d’espèces non domestiques, avec toutes les informations relatives à l’origine et au statut juridique de l’animal.
Parallèlement, vous devez tenir un registre d’élevage à jour, consignant toutes les entrées et sorties d’animaux, les naissances, les décès, les cessions et les interventions sanitaires. Ce registre peut être papier ou numérique, mais il doit être présenté à toute demande de la DDPP lors d’un contrôle. Ne pas le tenir à jour, ou omettre des informations, est considéré comme un manquement sérieux à vos obligations de détenteur. En pratique, ce registre joue le rôle d’un « carnet de bord » officiel de votre élevage de capybaras.
Vaccination et prophylaxie adaptées aux risques zoonotiques du capybara
Comme tout animal sauvage en captivité, le capybara peut être porteur ou vecteur de maladies transmissibles à l’homme (zoonoses) ou aux autres animaux domestiques. Même si le cadre réglementaire ne prévoit pas forcément un calendrier vaccinal obligatoire spécifique au capybara, votre vétérinaire peut recommander des vaccinations et traitements préventifs adaptés au contexte local. Selon la région, vous devrez par exemple surveiller les risques de leptospirose, de parasitisme interne et externe, ou encore d’infections bactériennes liées au milieu aquatique.
Des protocoles de vermifugation régulière, des analyses de selles et des contrôles dentaires sont souvent mis en place pour préserver la santé de l’animal. Vous devrez également définir un plan d’urgence en cas de suspicion de maladie contagieuse, avec isolement, désinfection des installations et information de la DDPP si nécessaire. Là encore, la comparaison avec un chien ou un chat est trompeuse : le suivi médical d’un capybara est plus lourd, plus spécialisé et potentiellement plus coûteux.
Déclaration obligatoire auprès du vétérinaire sanitaire et traçabilité ICAD
Dans le cadre d’un établissement d’élevage d’animaux non domestiques, la désignation d’un vétérinaire sanitaire est généralement obligatoire. Ce professionnel est votre référent officiel auprès des autorités, chargé de valider vos protocoles sanitaires, de réaliser des visites régulières et de signaler tout événement épidémiologique suspect. Il peut également vous accompagner dans la formation continue, en vous informant des évolutions réglementaires ou des alertes sanitaires concernant les NAC exotiques.
La traçabilité des capybaras passe principalement par le fichier I-Fap plutôt que par l’ICAD, dédié aux carnivores domestiques, mais la logique reste la même : chaque animal doit pouvoir être identifié et suivi tout au long de sa vie. Changement de détenteur, décès, perte, vol ou exportation doivent être déclarés dans des délais précis. Vous devenez ainsi un maillon de la chaîne de surveillance de la faune captive, ce qui dépasse largement le simple cadre affectif de l’animal de compagnie.
Acquisition d’un capybara : sources légales et traçabilité CITES
Une question cruciale demeure : où et comment acquérir un capybara de manière légale en France ou en Europe ? Contrairement à d’autres NAC, il n’existe pas de marché grand public ni de petites annonces autorisées pour cette espèce. L’achat ou la cession de capybaras est strictement encadré, et doit toujours s’accompagner de justificatifs prouvant l’origine licite de l’animal. Sans ces documents, vous prenez le risque de vous retrouver en infraction, même si vous avez obtenu toutes les autorisations nécessaires pour vos installations.
Élevages agréés en france et en europe : liste des établissements détenteurs autorisés
En France, seuls quelques parcs zoologiques, fermes pédagogiques et établissements d’élevage spécialisés disposent d’une autorisation officielle pour détenir des capybaras. Leurs coordonnées ne sont pas toujours publiées dans une liste nationale accessible au grand public, mais la DDPP ou les services vétérinaires régionaux peuvent vous orienter vers des structures agréées. Au niveau européen, certains parcs et élevages professionnels, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Belgique, élèvent des capybaras dans le cadre de programmes de présentation au public ou de conservation.
Dans tous les cas, l’acquisition doit se faire auprès d’un établissement lui-même en règle, capable de fournir une attestation de cession conforme, mentionnant les autorisations administratives dont il dispose. Les ventes entre particuliers sont interdites pour les animaux non domestiques soumis à autorisation, ce qui exclut d’emblée toutes les annonces informelles sur internet ou les réseaux sociaux. Avant toute transaction, n’hésitez pas à solliciter votre DDPP pour vérifier la légalité du vendeur pressenti.
Certificats intra-communautaires et convention de washington sur le commerce des espèces protégées
Le capybara n’est pas actuellement classé parmi les espèces les plus menacées au sens de la Convention de Washington (CITES), mais son commerce international n’est pas pour autant libre de toute contrainte. Dans le cadre de mouvements intra-communautaires, des certificats intra-communautaires (CIC) ou des documents équivalents peuvent être exigés pour prouver que l’animal est né en captivité dans un élevage légal. Ces certificats garantissent que la transaction ne contribue pas à un prélèvement illégal dans le milieu naturel.
Si l’animal ou ses parents ont transité par un pays tiers hors Union européenne, des formalités douanières supplémentaires s’appliquent, avec présentation de documents CITES à l’importation. La traçabilité documentaire devient alors aussi importante que l’identification physique par puce électronique. En pratique, tout écart ou toute lacune dans ces justificatifs peut suffire à bloquer l’introduction de l’animal sur le territoire français, voire à entraîner sa confiscation.
Interdiction d’importation depuis l’amérique du sud et sanctions pénales encourues
Importer directement un capybara depuis son aire de répartition naturelle en Amérique du Sud est, dans les faits, quasiment impossible pour un particulier et extrêmement encadré pour les professionnels. Les autorités françaises et européennes découragent fortement ce type d’importation, en raison des risques sanitaires, de la protection de la faune sauvage et des enjeux de conservation. Même si vous trouviez un éleveur ou un capturiste local prêt à vous vendre un animal, le franchissement des frontières sans autorisations CITES et sanitaires adéquates constituerait une infraction grave.
Les sanctions peuvent inclure la saisie immédiate de l’animal, de lourdes amendes, et des poursuites pénales pour importation illégale d’animaux non domestiques. Au-delà de l’aspect juridique, ce type de démarche alimente potentiellement des filières de trafic, avec des conditions de capture et de transport souvent dramatiques pour les animaux. Pour toutes ces raisons, la seule voie acceptable reste l’acquisition auprès d’élevages européens ou français dûment autorisés, avec une traçabilité complète et vérifiable.
Sanctions et risques juridiques liés à la détention illégale de capybaras
Face à cette réglementation dense, certains pourraient être tentés de contourner les règles en hébergeant un capybara « discrètement » dans un grand jardin ou une propriété isolée. Une telle stratégie est non seulement dangereuse pour l’animal, mais aussi extrêmement risquée d’un point de vue juridique. Le Code de l’environnement, complété par le Code rural, prévoit un arsenal de sanctions pour la détention, la vente, l’achat ou le transport illégal d’animaux non domestiques soumis à autorisation.
En cas de contrôle ou de signalement, les autorités peuvent procéder à la saisie immédiate du capybara, à sa mise en fourrière spécialisée, voire à son placement définitif dans une structure agréée. Des amendes pouvant atteindre 150 000 €, assorties de peines d’emprisonnement allant jusqu’à 3 ans, sont prévues dans les cas les plus graves, en particulier en cas de récidive ou de trafic organisé. À cela peuvent s’ajouter des poursuites pour maltraitance animale si les conditions de détention sont jugées incompatibles avec les impératifs biologiques de l’espèce.
Vous risquez également des sanctions administratives : retrait du certificat de capacité, fermeture de l’établissement, interdiction temporaire ou définitive de détenir des animaux non domestiques. Sans oublier les conséquences civiles en cas de dommages causés à des tiers (accidents, dégâts matériels, nuisances). En définitive, la question à se poser est simple : souhaitez-vous vraiment mettre en jeu votre responsabilité pénale, financière et morale pour un projet qui, dans la plupart des cas, ne pourra pas offrir au capybara les conditions de vie qu’il mérite ?